Au détour des discussions sur les orages de ce week-end, on a entendu : « Quand il pleut 120mm, on ne sait rien faire, de toute manière on a des dégâts ». On décortique et on nuance cela avec Greenotec.
Selon le projet Prosensol, les sols limoneux peuvent absorber de 4 à 30mm/h. Donc en effet, un ruissellement est presque inévitable en cas de gros orage, potentiellement assorti de dégâts sur le champ et en aval et ce, quoi qu’on fasse.
Selon les données de l’IRM et les projections du GIEC, ce genre d’événements est malheureusement amené à se répéter, voire s’accentuer encore dans les prochaines années. Couplés à de fortes chaleurs qui assèchent les sols, les orages seront encore plus dévastateurs… Dès lors, comment s’adapter à ces pluies, qui vont encore gagner en fréquence et intensité dans les prochaines années ? Comment s’adapter pour moins subir de plein fouet, sécuriser nos récoltes et préserver nos sols ?
Nous le redisons, il n’y a pas de miracle : 120mm, c’est trop pour n’importe quel sol. Toutefois, il existe quand même une marge de manœuvre importante que nous devons saisir : entre 4 ou 30mm infiltrés par heure dans un sol limoneux, l’intensité du ruissellement sera très différente. Le caractère érosif des fortes pluies dépend donc des caractéristiques du sol, des pratiques culturales et de l’agencement des parcelles.
La priorité est de limiter au maximum le risque de battance, surtout dans les sols limoneux. Un sol battu va être encore moins perméable, amplifiant de ce fait le ruissellement. C’est un cercle vicieux qu’il faut absolument éviter. Pour y arriver :
- Viser une augmentation de la teneur en matière organique dans les horizons superficiels du sol, notamment en limitant la fréquence du labour ;
- Laisser un maximum de résidus à la surface du sol ;
- Avoir une couverture végétal suffisante lors des périodes à risque, par exemple en associant les cultures quand c’est possible ;
- Limiter au strict minimum l’affinage du sol lors de la préparation du lit de semence.
Ensuite, si cette eau arrive à s’infiltrer dans le sol, il faut qu’elle le fasse rapidement, via une bonne conductivité hydraulique du sol :
- Eviter tant que possible de compacter les sols (charrois moins lourds, intervenir en bonnes conditions)
- Maximiser la porosité verticale en favorisant les populations de vers de terre et en maintenant les systèmes racinaires des cultures/couverts précédents : limiter la profondeur de travail du sol pour limiter les ruptures horizontales, lissages, etc. (Dans les sols bien pourvu en vers de terre (150-200 individus/m²), l’ensemble de leurs galeries équivaut environ à un tuyau de 80mm, à chaque m² !)
En parallèle des pratiques culturales, il est également opportun de réduire la longueur de pente pour réduire l’érosivité de la pluie. Chaque axe de ruissellement devrait être intercepté tous les 150m via :
- Une alternance d’assolement entre les cultures de printemps et d’hiver en perpendiculaire des axes de ruissellement ;
- L’implantation de bandes enherbées, haies et fascines pour ralentir les flux d’eau.