La sécheresse, votre meilleur décompacteur !

Depuis plusieurs semaines, les températures dépassent quotidiennement les 30°C, alors que la pluie se fait désirer. La teneur en eau chute à vue d’œil et des sols encore frais il y a un mois sont désormais desséchés. Défavorable au développement des cultures et couverts, la sécheresse a au moins une vertu : faire bouger les argiles !

Les sols riches en argile sont sensibles au phénomène de retrait-gonflement des argiles. Sous l’action des variations de teneur en eau du sol, les feuillets d’argile, qui agissent comme une éponge, vont se rapprocher les uns des autres à l’échelle microscopique, ce qui va entraîner la formation de fissures bien visibles et parfois béantes dans le sol.

Ce phénomène est renforcé par la végétation en place (cultures, arbres), qui accentue l'assèchement du sol via l’évapotranspiration. Dans des parcelles agroforestières, certaines fissures peuvent descendre jusqu'à plusieurs mètres de profondeur ! Attention de ne pas y perdre ses clés !

Avant de travailler son sol, il est toujours important d'observer sa structure. Vu les conditions très sèches de cet été, un diagnostic physique du sol est assez délicat… Tout comme le passage d’un outil de décompaction ! Dès que le sol sera un peu plus humecté, nous vous invitons à réaliser un test à la bêche avant toute intervention visant à restructurer le sol. Il se pourrait que cette opération ait déjà été réalisée par les argiles et que l’opération culturale soit dès lors inutile !

Ces fissures, créées par le retrait des argiles, peuvent agir comme des décompacteurs naturels et recréer de la porosité dans des zones tassées, parfois inaccessibles aux outils. Ces fissures vont améliorer l'infiltration de l'eau, le passage des racines et la structure du sol. Elles favorisent aussi une meilleure régénération biologique, en offrant aux vers de terre davantage de surfaces d'accès aux zones tassées. Certaines parcelles fortement tassées peuvent, sous l’action combinée des racines, de la faune du sol et surtout du mouvement des argiles, récupérer une bonne partie de leur macroporosité en une saison culturale.

Attention toutefois : sur un sol tassé, même s'il est traversé de fissures, l'intérieur des mottes reste compact. Un travail du sol en profondeur peut être évité, mais ces fissures ne seront pas suffisantes pour certaines cultures plus exigeantes. Dans ce cas, un travail superficiel devra être réalisé lorsque les conditions seront plus humides.

Besoin d’aide dans votre réflexion ? Greenotec est là.

Figure 1 : fissure profonde (<1m) colonisée par des racines (Hannut, 2025). Figure 2 et 3 : fissures profondes terres argileuses(Tournai  2026)