Essai 2018 - Butte d'été

Essai PDT Les Bons-Villers

L’essai comparatif de l’impact de la date de formation des buttes en culture de pomme de terre, situé à Les Bons-Villers résulte d’une collaboration entre les services extérieurs de Wavre du SPW, la cellule Giser de la Fiwap et l’ASBL Greenotec.

Le SPW, Giser, la Fiwap et l’ASBL Greenotec tiennent à remercier l’agriculteur, sans qui l’essai n’aurait pu être mis en place.

Plan et modalités de l'essai

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Biomasse des couverts

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Le couvert sur les buttes à produit en moyenne 4T MS/ha. Le couvert sur les buttes a produit presque 700kg de MS/ha en plus que le même couvert à plat. Les prélèvements ont été effectué sur la même superficie (4*0.25m²). Il y a eu un passage d’outils (le buttage) en plus travaillant la terre sur la modalité buttée. Le fait que la butte se réchauffe plus vite et le travail de sol supplémentaire pourrait expliquer cette hausse de biomasse.

Température des buttes

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Les différences de température dans les buttes ont une forte incidence sur la vitesse de développement des pommes de terre. Une température plus faible a pour conséquence la baisse de minéralisation de la matière organique du sol et le relargage des éléments minéraux (N, K2O, P2O5). Cette moins grande disponibilité limite la bonne nutrition des pommes de terre, au niveau croissance du feuillage et donc grosseur et nombre de tubercules.

Dès la plantation, la température des buttes SD a été supérieure aux autres modalités qui ont été travaillées avant la plantation. Cette différence de température à la plantation est marquée en terme de pourcentage (4-6%) mais est peu marquée en termes de degrés (0.45-0.8°C de différence). Toutes les modalités ont des différences de température faibles entre elles. Après 20 jours de prise de température, celles-ci ne fluctuaient presque plus. Du 21 mai au 4 juin, les différences sont comprises entre 0°C et 0.3°C entre les modalités. Il fut donc décidé d’arrêter la prise de mesure.

Mesure de l’érosion

Le ruissèlement a été mesuré dans le but de savoir si le type de travail du sol influe sur celui-ci. Par la même occasion on va pouvoir déterminer la quantité de terre exporté dans les eaux. Pour se faire, on place un tonneau de 220 litres dans le sol entre l’inter rang de chaque modalité. Un bec en acier est place au bout de l’interrang pour diriger l’eau dans le tonneau. En tout, c’est 9 tonneaux qui ont été placé car il y a 3 modalités répétées 3 fois. Une station météo avec une sonde permet de savoir quand de l’eau est arrivée dans le tonneau. Une fois l’eau dans le tonneau, il suffit de la pomper pour en déterminer le volume et effectuer une séparation de la terre contenue dans celui-ci.

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On remarque dans le graphique ci-dessus qu’il y a très peu plu durant la saison culturale. De plus il faut des pluies de forte intensité pour engendrer des phénomènes d’érosion et de ruissèlement et donc obtenir des résultats. On observe 4 pics de précipitations, ils ont lieu le 24 mai, le 4 juillet, le 13 aout et le 23 septembre. Le 23 septembre on ne retrouve pas d’eau dans les tonneaux car les précipitations se sont étalées sur toute la journée et l’eau sont infiltrés sans provoquer d’écoulement.

Comme on pouvait s’en douter la concentration de terre dans les échantillons SD sont les plus bas. Par contre il n'y a pas d'application logique aux résultats des modalités labour et TCS. Logiquement on aurait dû avoir la modalité TCS ayant une moins grande concentration que le labour ayant une terre plus affinée et donc plus soumise à l'érosion.

La méthodologie de cette expérimentation devrait être revue pour l’année prochaine pour prendre compte plusieurs facteurs qui auraient pu influencer une modalité ou l’autre.

  • Il faut placer les dispositifs dans une inter-butte ayant eu le même passage de roues entre les modalités.
  • Des données ont aussi été écartées car la fosse accueillant le tonneau s’est rempli d’eau et ce dernier s’est retourné.
  • On observait aussi beaucoup d’éclaboussure sur le tonneau, cela voulait dire que toute l’eau qui ruisselait ne terminait pas dans le tonneau.

Rendement (tonnes/ha)

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Le graph ci-dessus présente les rendements bruts et nets de chaque modalité. La modalité Butte SD, a obtenu un nettement moins bon rendement que les 4 autres modalités. Le témoin agriculteur décroche lui aussi par rapport à la modalité Labour et à la modalité Buttes retravaillées.

Les deux facteurs principaux qui semblent expliquer la perte de rendement de la modalité Buttes SD sont : le manque de vigueur au démarrage et le manque de minéralisation dans la butte. En effectuant des profils dans les buttes nous avons également remarqué que les pommes de terre en SD tubérisaient dans le dessus de la butte et avait tendance à être fortement à l’étroit. Cela pourrait expliquer cette diminution de rendement.

Les modalité Témoin agriculteur affichent des rendements plus faibles que le labour. On peut expliquer cela par le fait que la terre est en non labour depuis une dizaine d’année et le fait de l’avoir labouré a donné un avantage au labour au niveau de la minéralisation.

Evolution du rendement en période de végétation

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On observe une nette augmentation du rendement pour l’ensemble des modalités durant le mois d’aout puis une évolution contrastée jusqu’à la récolte. Dès le début des prélèvements, les pommes de terre en labour ont une avance assez conséquente par rapport aux autres modalités.

Observation sur le terrain

Les photos ont été prise le 25 juin, 59 jours après la plantation des modalités témoin agriculteur, labour et buttes retravaillées. La modalité SD a été semé par soucis de disponibilité de matériels 11 jours après les autres modalités (48 jours de végétation). On remarque sur la première figure que le feuillage est moins développé vis-à-vis des autres modalités. Cela se remarque aussi part le début de floraison dans toutes les modalités sauf dans la SD. Les 11 jours de décalage lors de plantations seraient un facteur ayant influencé ce retard.

Profil dans les buttes

On remarque une zone plus compacte à 15 cm de profondeur crée par la planteuse lors de la plantation en SD. On remarque aussi bien au centre de la photo le passage de la dent de la planteuse. La tubérisation va se faire uniquement au-dessus de cette zone de compaction. Les tubercules semblent serrés entre eux. Malgré cela la structure est très poreuse et friable dans l’ensemble de la butte. La pomme de terre a un très faible pouvoir de pénétration et à part les racines qui n’ont aucun mal pour traverser la zone plus compacte, aucun tubercule ne s’est formé sous cette zone cela. Une piste d’amélioration serait de planter la pomme de terre un peu plus en en profondeur.

La buttes en labour a une structure très fine, très bien adaptée en pomme de terre. L’ensemble de la butte est bien colonisé par les tubercules. Et celles-ci vont s’y loger plus profondément. Cela expliquerait les bons rendements obtenus en labour.

Tare terre à la récolte

Le fait que les pommes de terre tubérise dans le haut de la butte en SD va influencer fortement la remontée de terre dans la machine. On peut voir clairement sur les photos ci-dessous la différence de terre dans la machine. Le fait de planter plus profondément les pommes de terre pourrait limiter cette tare terre.

Consommation de carburant

Elle est donnée à titre indicatif afin de se rendre compte des différences existants entre les modalités. On passe du simple au double en pratiquant les pomme de terre en SD.

Charges de mécanisation

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Comme pour la consommation de carburant, les charges de mécanisation sont calculées pour la période allant du semis de l’interculture à la plantation des pommes de terre inclue. Dans cet essai, la modalité Buttes SD est clairement la moins couteuse au niveau des charges de mécanisation.

Charge horaire

Le temps passé à l’hectare est un facteur auquel il faut aussi prêter attention de nos jours. Planter en direct permet d’économiser 1h à l’hectare par rapport à la modalité Labour.

Conclusion

L’objectif de cet essai était de produire des pommes de terre dans un système de travail réduit du sol, plus respectueux de la structure et des organismes telluriques et donc potentiellement moins sujet à l’érosion et au ruissellement.

Cet objectif a été atteint avec de très bons résultats dans une des deux modalités en travail réduit (Buttes retravaillées) et des résultats médiocres contrairement à l'essai de l'année passée dans l’autre modalité (Buttes SD), la moins intensive en travail du sol. Le fait d’avoir implanté les pommes de terre 11 jours plus tard et ainsi que la structure ferme de la butte, peu adaptée à la tubérisation peuvent expliquer en partie les mauvais rendements obtenus par cette modalité. Globalement, l’essai est concluant et encourageant pour le futur de ces techniques, que nous allons continuer à approfondir.

Nous avons également profité de cet essai pour comparer 2 témoins, un en labour et un en TCS. Dans ce cas-ci, on peut clairement dire que le travail simplifié, contrairement à l’année passée a été pénalisant pour le rendement alors que le témoin labour, itinéraire utilisé par la plupart des agriculteurs a fourni un bon rendement sans que nous puissions en expliquer la raison.

Au niveau du ruissellement et de l’érosion, nous avons subi quelques problèmes dans la méthodologie et les mesures de l’eau ruisselée et terre érodée. Toutefois, les résultats obtenus montrent que la meilleure structure des buttes en SD a permis de limiter l’érosion, comparé aux autres modalités (Labour et TCS).

Un essai est déjà en place pour l’année prochaine. Nous comptons retester les mêmes modalités en plantant plus profondément les tubercules en SD et en plantant le même jour toutes les modalités. Nous comptons aussi améliorer le dispositif de quantification de l’érosion afin d’avoir des résultats plus précis.